Soul sentiments 1ers symptômes

1 Clarence Carter "Patches" - 2 Mavis Staples "What happened to the real me?" - 3 Marlena Shaw "A woman of the ghetto" - 4 Lou Rawls "Dead end street" + lien sur le titre - 5 Johnnie Adams "Georgia morning dew - Proud woman" - 6 Exuma "The Obeah man" - 7 Luther Ingram "Be good to me baby" + lien sur le titre - 8 Richard Barbary "When Johnny Comes Marching Home Again" - 9 Nina Simone "Ain't got no... I've got life" - 10 Ann Peebles  vidéo d"I can't stand the rain"

Soul Sentiments en famille

Retour aux fondamentaux, enfin un black aveugle qui joue de la guitare!!! Fini le piano, l'harmonica, du pur du dur et du texte en voici en voilà: une petite idée de l'enfance de vos stars préférées, Elvis, Cash, Dolly Parton et j'en passe, Patches de Clarence Carter, avec un bon paquet de kleenex dans la poche droite arrière...!
Quelle chanson nom d'une pipe en bois et dire que celle là encore, en France aujourd'hui faut s'la dénicher! En chargeant la mule, ou en pressant l'citron, vous trouverez d'autres interprétations, toutes notables, avec un plus pour le George Jones accompagné du BB King: c'est long, c'est bon et country! Faut dire que ça raconte leur histoire aussi au George et au BB ...
"My Papa Was A Great Old Man..."

Ouïr: Clarence Carter "Patches"

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On parle de nous, levez-vous!

Mein Gott, elle en met du gospel dans sa soul Mavis. Mavis Qui? Mavis monsieur! De la Staples Family. Comme il y eut le révérend Franklin et ses filles, puis Aretha toute seule (ne pas ommettre ses soeurs, fantastiques elles aussi, j'adore Erma Franklin, "Erma! Je t'adore!"), Mavis qui a du punch, du rentre-dedans, s'y est mis elle aussi à entonner en solo et pour les gens seuls s'il vous plait... Pas concernés, passez votre chemin...! 
"Only for the lonely" est extraordinaire, du Stax lumineux, bouleversant, je dirais même réchauffant. Mavis y absorbe tout, bien refroidie, glacée... Mavis voyons, viens là que je te serre. Cette chanson,  nom d'une pipe en bois ce titre: "What happened to the real me"; lequel, le ça, le moi, le surmoi? Elle survit à tout et le chante. Elle a du en rencontrer des gens, en épouser de la souffrance, pour nous "prendre avec" comme ça en 2 minutes 33. Comme quoi, pas besoin de s'étaler, une chanson c'est 2'50 maxi, au delà c'est du vice!  Ok je sais, parfois... mais juste parfois alors!
Ces quelques touchés de en intro, des gouttes de pluies, des larmes? Les violons en émoi, puis ailleurs les cuivres tels un soupir, gros soupir...  Et Mavis ta voix, cette voix, quelle voix! "Pain" quotidienne.
"Look what you've done my love What you do, What you did to me!
I feel the pain, pain of nothing I tried to warm your heart
Now my heart is crying constantly Oooooh did you possess my soul?..."

Ouïr: Mavis Staples "What happened to the real me"

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Soul Sentiments révoltés

Envoûtant enchantement sur terrain aride. Coule du sang indien au long de cette soul jazz entêtante, à la ligne de basse parfaite sur laquelle flottent parcimonieusement, intensément, percus, cuivres et autres sonorités originelles.  Cette voix, mon dieu quelle voix, listen to her... listen, she's Marlena Shaw.
"How does your heart beat late at night? How do you raise your kids
Do you feed one and starve another
Won't you telle me legislator? In places like Watts, Detroit, Filmore, Chigaco, Holland, Washington, sing our voices..."

Ouïr: Marlena Shaw "A woman of the ghetto"

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Où l'on reparle des bas-fonds

Le "Brother man" himself. Monsieur Lou Rawls, illustre inconnu dans l'hexagone franchouillard, super respecté chez lui jusqu'à ce qu'il se retire discrètement voilà deux ans.
De même que Jerry Butler avec Curtis Mayfield, Lou et Sam Cooke étaient amis d'enfance. Ils n'ont cessé d' être scolarisés et de gospeliser ensemble. Leurs carrières semblent parallèles, Lou Rawls débutant avec une voix qui tente de se rapprocher de la douce et fière fluidité de son ami, pour finalement avec le temps s'épanouir dans les graves, abandonnant souvent les harmonies chantées pour le talk-over. Mais alors que Cooke sera lamentablement terrassé en pleine gloire, son ami aura commencé sa carrière par sa fin présumée. Hé oui, annoncé pour mort suite à un accident, puis dans le coma et enfin amnésique, il abandonnera dès lors le gospel, pour le jazz, puis la soul en 1966. De par sa carrière il pourrait représenter pour le public noir, ce qu'un Neil Diamond deviendra chez les blancs, parfois dédaignés en raison de leur côté bien propre sur soi, ce qui serait résumer leur bel ouvrage plus que brièvement.
Ce n'est pas pour rien qu'il est devenu le "Brother Man". Vous trouverez ici deux versions de "Dead end Street" et entre les deux en aparté un talk-over majestueux où il est question des quartiers ghettoïsés des grandes villes américaines, passage marqué par leurs désignations communes. Vous pourrez aussi chercher "A Natural man", " et "Tobacco road" de la même veine. Ces morceaux sont autant marqués par l'humour décalé que par la tension musicale. La magie tient aussi et surtout à la maîtrise du flow, et autres jeux sur les mots, le majestueux flow, tel la Rawls Royce du parlé soul. Déjà héritier des "blues shouters" (crieurs de blues), il aura permis le cross-over qui aboutira au fil du temps au rap.
..."they called it the Windy City because of the Hawk. The Hawk. The all mighty Hawk. Mr Wind"...

Ouïr: Lou Rawls "Dead end street"

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Soul sentiments en compagnie du Tan Canary

On en finira jamais d'explorer les pays du blues, de la soul et du funk américains. Depuis quelques années Vampi Soul, Soul Jazz Records et d'autres nous permettent de découvrir la partie enfouie de l'iceberg. Les arbres étaient souvent Otis Redding, Aretha Franklin, Atlantic, Stax... Mais la forêt états-unienne est immense, dense et profonde... Suffit de ressortir les oeuvres d'artistes touche-à-tout ou de se spécialiser sur une ville, un label, pour en saisir l'ampleur. 
Ici Monsieur Johnny Adams, bluesman moderne de la Nouvelle Orléans, grand soulman, adepte de black country, possédant ce zeste de funk syncopé propre à sa ville. Un grand bonhomme, une voix énorme, et un orchestre pourvoyeur de soul étincelante et vibrante à souhaits. 

Blues, groove & country-soul with Johnnie Adams "Georgia Morning dew / Proud woman"

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Soul sentiments et mélancolie subtile par le sorcier des Bahamas

Macfarlane Gregory Anthony Mackey a pris comme pseudonyme le nom d'une des îles de ses Bahamas natales, avant de tenter de conquérir les charts américains. Bilan des courses, faut passer son temps à exhumer Exuma, le sorcier, l'obeah man. Et vive l'internet, car auparavant, il était quasiment impossible à découvrir. Quand un label se met à sortir ses disques, il met la clef sous la porte peu après! A une époque où ce qu'on appelle aujourd'hui la world music n'avait que très peu de consistance sur le marché, lui s'est mis à développer son blues, son folk, sa soul, son rock aux sons uniques d'instruments ancestraux, et à les incanter de sa voix d'outre-tombe, tel un fantôme pop. En outre sa production, sauvage, créative, rappelle assez les balbutiements dub chez un certain Lee Perry, inventeur du reggae. Il y avait le rock garage, notre bahaméen n'a-t-il pas inventé celui du cabanon? Signé chez Mercury, personne ne savait où le classer, et c'est Féla qui certainement plus charismatique a réussi à l'époque à exporter son afrobeat, quand Exuma poursuivit son oeuvre dans l'ombre. C'est rugueux, parfois vertigineux, c'est profond, riche et beau... juste une histoire de goût? 

Ouïr: Exuma "The Obeah man"

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Se convertir aux soul sentiments de Mr Luther

L'homme au visage de miel, la signature de Koko records pour une overdose de soul d'une densité extraordinaire. Luther Ingram, celui qui a signé "Respect yourself" des Staples Singers et cette incroyable pépite de northern soul "If it's all to you babe", "Exus trek" pour la version instrumentale. Plus connu pour ses longs slows mélos larmoyant, dégoulinant, guimauve, fabuleux, comme la perle "If loving you is wrong (I don't want to be right) - tout un programme... à voir absolument au cours du festival Wattstax en lien sur le titre. Il navigue pourtant le plus souvent en deep soul assurée, belle, harmonique et aventureuse. Ses morceaux concis, parfaitement construits, permettent les envolées libres et ravageuses de solos comme prêchées par le jazz à l'origine, stabilisés autour d'une facture encore très religieuse.
"Be good to me babe" est un bloc de granit rythmique, "... and I'll be good to you", ça sonne comme un rappel d'urgence aux belles, le message black, la morale mâle, et ce n'est pas l'intro et le pont à la traversière qui feront tanguer le discours,  " ... like a woman should, like a mama would...I need you to understand, 'cause I need to be understood...". Rien que ça! Limite coup de bâton, mais quel son!

Ouïr: Luther Ingram "Be good to me baby", comme une femme se doit de l'être... (c'est Luther qui le dit ;o)

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